J’aime la collection. J’ai toujours aimé collectionner les jeux, les supports, les catalogues. La collection fait partie de mon rapport au jeu vidéo. À un moment de ma vie, j’ai dû me séparer d’une partie de ma collection. Les jeux sont partis, physiquement. Et avec eux, une forme de mémoire.
Je suis bibliothécaire.
Mon métier m’a appris à considérer les œuvres autrement que par la possession : par leur classement, leur mise en valeur, leur transmission. En bibliothèque, on ne garde pas pour soi, on rend accessible.
C’est à la rencontre de ces deux choses que Mémoire Ludik est né. L’amour de la collection, et le regard de bibliothécaire.
Si je ne pouvais plus tout conserver matériellement, je pouvais en revanche archiver autrement. Sauvegarder la trace des jeux, leur existence, leur place dans un catalogue. Transformer une collection personnelle en mémoire partagée.
Mémoire Ludik est une manière de reconstruire une collection différemment. Non plus comme un ensemble d’objets que l’on possède, mais comme un patrimoine que l’on transmet. Une collection vivante, accessible, qui continue d’exister même lorsque les jeux quittent une étagère.
Archiver le jeu vidéo, pour moi, ce n’est donc pas renoncer à la collection. C’est lui donner une autre forme. Une forme durable, lisible, et ouverte à tous.